Porte d’entrée du Sahara, le Maroc ne se résume pas qu’à la folie de la touristique Marrakech. Quand on prend le temps de partir découvrir les coins un peu plus reculés du pays, on se rend rapidement compte du vrai visage du Maroc. Un territoire rempli d’histoire et de générosité. Voici le Road Book de mes deux semaines en solo sur place !

 

 

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Papiers s’il vous plaît !

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Le Royaume du Maroc, situé au nord ouest de l’Afrique, compte plus de 33 millions d’habitants. La plupart sont concentrés dans les grandes villes telles que Marrakech, Casablanca et sa capitale Rabat. Mais de nombreux berbères préfèrent rester dans les terres un peu plus reculées de la folie touristique, continuant à vivre modestement de l’agriculture et du commerce local. Durant mes deux semaines sur place, j’ai voulu découvrir toutes les facettes du pays. Fès, ville impériale du nord du pays, fut la première étape de mon voyage. Reconnue pour ses tanneries et sa magnifique médina, Fès ne m’aura pas laissé le meilleur souvenir à cause de petites mésaventures. Merzouga, point de départ des bivouacs dans le Sahara est l’endroit idéal pour découvrir les dunes orangées et la culture berbère. L’un de mes endroits préféré du pays! Tinghir, village complètement préservé du tourisme est l’endroit idéal pour s’aventurer dans les magnifiques gorges de Todgha et de Dadès. Une superbe oasis d’où on peut admirer le début de l’Atlas au loin. Ouarzazate, surnommée « la porte du désert » est située à plus de 1000m d’altitude. L’endroit parfait pour découvrir l’architecture marocaine, d’autant plus dans sa petite ville voisine Aït Ben Haddou, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. La ville rouge de Marrakech, plantée aux pieds de l’Atlas est l’un des lieux les plus touristiques du Maroc. Une folie presque à l’outrance qui, à mes yeux, ne représente pas vraiment toute la beauté dont le pays fait preuve. En remontant au nord, on tombe dans la région d’Ouzoud et ses magnifiques cascades. Les plus hautes du pays avec 110m de hauteur sur trois paliers au beau milieu d’une vallée verdoyante. Passage incontournable pour aller voir l’océan un instant, Rabat donne l’impression d’une ambiance méditerranéenne. La capitale est encore encré dans le temps avec sa vieille médina et ses nombreux monuments historiques et religieux. Enfin, mon périple se termine à Chefchaouen, la belle « ville bleue » nichée dans les montagnes à 500m d’altitude. Le lieu d’où on peut partir pour des randonnées vers Akchour et sa vallée paradisiaque.

 

 

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Que faire sur place? Mon expérience !

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– Fès –

 

Fès est mon premier stop au Maroc. Après deux heures de vol depuis Montpellier, je trouve le bus local n°16 un peu à l’extérieur de l’aéroport pour rejoindre le centre-ville (il coûte seulement 4 dirham quand les taxis vous en demandent 10 fois plus!). Après une heure de traet j’arrive à la gare de Fès. De là, je décide de marcher pendant une bonne heure de plus pour rejoindre la Médina. Il commence à faire très chaud mais l’endroit s’avère mignon avec ses bâtiments typiques et ses ruelles piétonnes. Je commence à me faire accoster  par plusieurs hommes qui me sollicite pour me guider dans la médina. Je suis du genre à aimer découvrir par mes propres moyens et refuse les demandes les unes après les autres. Certaines sont plus insistants et me suivent pour tenter de me faire céder. Je me balade au milieu des épices jusqu’à ce qu’un nouvel homme tente de m’approcher. Je n’arrive pas à m’en débarrasser et me retrouve contre ma volonté à visiter une tannerie. En soit les explications de cet endroit sont vraiment intéressantes mais dès que j’essaye d’en sortir, mon rabatteur tente de me vendre des articles hors de prix. Je négocie difficilement ma sortie, mais le rabatteur ne s’arrête pas là : il veut me faire visiter une fabrique d’huile d’argan. Je refuse de continuer avec lui et c’est à ce moment qu’il me demande de le payer pour le temps qu’il a passé avec moi. Je lui dis clairement qu’il m’a forcé et qu’en aucun cas je ne lui donnerais de l’argent. Il change alors radicalement de visage, commence à s’énerver en criant et me menace de me voler mes affaires voir de me faire du mal une fois que je serais seule. Je ne me laisse pas impressionner, lui donne les quelques pièces qui sont au fond de ma poche et lui dit que je ne lui en donnerais pas plus. Je pense qu’en m’éloignant de lui, je n’ai jamais marché aussi vite de ma vie ! Pour la première fois en voyage, j’ai vraiment eu peur. Mon expérience à Fès fut donc de courte durée..

 

 

 

– Merzouga –

 

Après Fès, je récupère une petite voiture de location pour la suite de mon voyage. Me voilà en route pour Merzouga, plus au sud du pays. La route entre Fès et Merzouga prend environ 7h et est exceptionnelle ! Je découvre des montagnes, des vallées, des gorges, des oasis, un désert à perte de vue et même un lac d’un bleu étincelant au beau milieu de nul part.

 

 

J’arrive enfin à Merzouga vers 17h, ayant réservé un bivouac la veille pour le soir même. Je rencontre Julie et Julia, deux suissesses et notre guide Ali. Il est 18h, nous voilà à grimper sur des dromadaires pour partir dans le Sahara. La dernière et seule fois que je m’étais retrouvée sur un dromadaire devait êtres à mes 5 ans en Tunisie, j’avais alors pleuré toutes les larmes de mon coeur quand l’animal m’avait secoué dans tous les sens en se levant. Heureusement cette fois-ci, à 22 ans, je n’ai pas pleuré ! La vue est absolument magnifique sur les dunes de sable orangées par le coucher de soleil. Nous marchons pendant plus d’une heure avant d’atteindre notre bivouac en plein milieu du désert. Les tentes sont posées à même le sable, à l’abri du vent. Tout le monde s’installe au milieu du camp pour déguster un bon whisky berbère (du thé à la menthe!). Nous faisons tous connaissances pendant qu’Ali nous prépare un super repas : salade de crudité, tajines de poulet et fruits frais à foison. C’est alors qu’on décide tous de grimper au sommet des dunes pour observer la voie lactée. Le désert est bien connu comme étant l’un des meilleurs endroits pour observer les étoiles à l’oeil nu. Et le spectacle devant nous est à couper le souffle.

 

 

Nous restons un long moment avant de redescendre pour jouer un peu de musique berbère dans le camp. Avant de me coucher, je veux retourner voir la voie lactée pour faire d’autres photos, Ali propose de m’accompagner. Il est très gentil mais, après avoir discuter un long moment, il tente alors une approche envers moi. Pas intéressée je le repousse gentiment mais il insiste. Devant mon refus, il me demande tout de même de me faire un câlin et commence à me serrer contre lui. Je ne suis pas du tout à l’aise surtout quand je commence à sentir contre moi, quelque chose de dur dans son pantalon. Je le repousse alors immédiatement et reste claire sur mes attentions pour ce soir.

La nuit fut très courte, mon réveil programmé à 4h30, je me lève pour admirer le lever du soleil. Un moment tellement paisible avant que tout le monde se réveille.. Nous prenons un bon petit déjeuner tous ensemble mais bizarrement, Ali n’est plus là. Un autre berbère l’a remplacé pendant la nuit. Je pense alors qu’il a peut-être eu honte de son comportement et a préféré rentrer. A 6h nous remontons sur nos dromadaires pour rentrer vers Merzouga. Je profite une dernière fois de ces paysages hors du temps qui s’offrent à moi. Un bivouac comme celui-ci est vraiment une expérience magique à vivre ! Merzouga restera gravé dans mon coeur. (Ali peut-être un peu moins).

 

 

 

– Tinghir –

 

 

Après avoir quitté Merzouga, je me dirige vers Tinghir. Je réserve une auberge sur la route, d’après les conseils des suissesses rencontrées la veille. J’arrive en début d’après midi dans la charmante auberge « retour au calme », accueillie par Morad. Mon hôte m’offre le thé et des gâteaux berbères puis nous passons plusieurs heures à discuter tous les deux. Il me donne des conseils sur les lieux à découvrir aux alentours et me voilà donc partie pour les gorges de Todgha. La route est superbe avec un panorama sur la vallée, le désert et les oasis. J’arrive aux gorges et suis surprise de ne voir que des marocains sur place! Quasiment aucun touriste. Avec la chaleur écrasante et les 40 degrés sur nos têtes, tout le monde vient se rafraîchir dans le petit cours d’eau qui coule le long des gorges. J’aime beaucoup l’endroit et l’ambiance qui en ressort !

 

 

Je reprends ensuite la route direction les gorges de Dadès, à plusieurs heures d’ici. Je traverse d’énormes étendues avec les montagnes au loin. Les panoramas sont à couper le souffle autour des routes sinueuse pour atteindre Dadès. On peut d’abord observer les gorges d’en haut puis descendre à leurs pieds. Faire Todgha et Dadès en une journée fatigue bien mais vaut vraiment le coup !

 

 

– Ouarzazate / Ait Ben Haddou –

 

 

Ouarzazate n’est vraiment qu’une ville de passage dans mon périple. Arrivée en début d’après-midi, je pose mes affaires à l’auberge avant d’aller vers le lac El Mansour Eddahbi. Un peu difficile à trouver, je m’engage finalement sur un chemin de terre qui mène vers l’eau. Je commence à marcher et découvre de nombreuses plantations près du lac avec principalement des tournesols. Je les contourne pour me rapprocher de l’eau et découvre un sol tellement sec qu’il semble se craquer au fil du temps. Plus je me rapproche du lac et plus le sol devient humide jusqu’à être à 1m de l’eau et là.. mon mollet s’enfonce dans la terre jusqu’à mon genoux. Mon deuxième pied fait alors de même et je me retrouve dans une marre de boue. Mes deux claquettes restent ensevelies alors que j’arrive enfin à sortir mes jambes de là. Je dois alors mettre mes mains dans la boue pour récupérer mes claquettes. Quelques minutes avant ça je me demandais pourquoi je ne croisais personne ici, je pense avoir eu la réponse à cette question ! Un vrai sketch. J’arrive enfin à sortir de tout ça et à me nettoyer comme je peux.

 

 

Après cette folle aventure je reprends la route pour Aït Ben Haddou, village classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Les kasbahs sont absolument magnifiques dans cette région ! Depuis le point de vue à l’entrée du village, on peut jouir d’un panorama superbe sur Aït Ben Haddou. La vallée qui vit principalement de l’agriculture comme on peut le voir en se baladant, était autrefois un point de passage traditionnel des caravanes souhaitant relier Marrakech au sud du Sahara.

 

– Marrakech –

 

 

Marrakech est l’endroit pour lequel je me posais le plus de questions avant d’y aller. Après avoir découvert un visage du Maroc assez authentique et reculé, je me demandais ce que la très touristique ville rouge allait m’apporter. La route pour y aller depuis Ouarzazate est en tout cas à couper le souffle. On traverse l’Atlas pour monter jusqu’au col de Tichka à 2200m ! Une fois arrivée à Marrakech je retrouve mon auberge de jeunesse, superbement située dans le centre piéton, laissant ma voiture un peu à l’extérieur de la ville. Je découvre un superbe Riad comme on l’imagine ! Avec l’architecture marocaine, la belle piscine en plein milieu et la terrasse avec vue sur la ville et les montagnes. Je découvre Marrakech de nuit à travers les ruelles et les souks mais suis rapidement déçue : sur la célèbre place Jemaa El Fna des hommes proposent de prendre des photos avec des singes attachés ou des serpents, tout ce que je déteste. Je me fais également accoster par une dame qui veut me faire du henné sur la main, chose que je refuse. Elle insiste et en une seconde prend ma main sans me laisser le choix et commence à dessiner dessus. Furieuse je refuse catégoriquement de lui donner de l’argent pour ça alors qu’elle me réclame 50€. Après ces mauvaises premières impressions je décide finalement d’aller manger mon premier couscous marocain pour à peine 4€ avec un thé à la menthe !

 

 

Le lendemain je décide de découvrir Marrakech à pied et passe la journée à marcher à travers les souks, les mosquées et les parcs de la ville. Je rencontre plusieurs hommes qui tentent de m’accoster et de m’entraîner dans leur commerce, mais ayant déjà eu l’expérience de ces moments là, je me montre d’une fermeté impénétrable pour rester tranquille. Après une journée entière à marcher je commence à me dire qu’une partie de Marrakech est tout de même agréable à visiter. Le soleil va bientôt se coucher, je décide alors de retourner sur la place Jemaa El Fna pour assister à une tradition : observer le soleil se coucher sur la place bondée de monde en mangeant un couscous depuis la terrasse d’un des restaurants de la place. Un très beau moment alors que la lumière devient rasante, j’ai une vue parfaite sur la place qui s’anime ! C’est ainsi que se termine mon expérience à Marrakech. Une expérience bien mitigée pour ma part qui ne restera pas le meilleur souvenir que j’ai du Maroc.

 

 

– Ouzoud –

 

 

Après avoir quitté la folie de Marrakech, je me dirige finalement vers le nord. Mon itinéraire n’était, comme à mon habitude, pas établi à l’avance. Il me faut presque 3h pour atteindre Ouzoud. J’attendais ce lieu avec impatience car les cascades qui s’y trouvent promettaient d’être plutôt exceptionnelles.. Plusieurs guides tentent de me faire venir avec eux mais je refuse, préférant découvrir le site par mes propres moyens. Je prend le chemin des escaliers pour descendre le long des cascades. Ce sont les plus hautes du Maroc et les plus magiques pour sur ! Le spectacle naturel qui s’offre devant est vraiment superbe. Bon, les rives ont toutes été aménagées pour accueillir les touristes avec des petits restaurants et boutiques, mais l’endroit est tellement beau qu’on met ça de côté. Je descend tout en bas des cascades pour prendre des centaines de photos. Il y a beaucoup de monde, mais comme d’habitude principalement des marocains venus se rafraîchir ! Après un bon moment je décide de remonter pour découvrir les cascades du dessus. De superbes arc-en-ciel se dévoile petit à petit et je peux voir toute la force de l’eau qui se jette dans le vide..

 

 

Après presque 3h à me balader, je reprend la route pour Beni Mellal, où une inconnu va m’accueillir pour la nuit grâce au site Couchsurfing. Je rencontre alors Mariam, musulmane pratiquante qui ouvre ses portes à une étrangère pour la première fois. Elle me fait alors me sentir comme à la maison en m’offrant des chocolats et du jus d’orange maison. Elle décide ensuite de me préparer des pancakes à la semoule, un gâteau au chocolat et plusieurs mets d’apéritif. La table est remplie à rabord pour le dîner ! Nous finissons par discuter de nos différentes cultures jusque très tard dans la nuit. Une conversation tellement intéressante pour surtout comprendre la position de la femme dans ce pays où la religion est très importante ! Le lendemain, Mariam me propose de rester pour manger un tajine. Je l’aide et nous passons deux heures à préparer un super tajine à base de viande hachée, d’oignons, de tomates, de fromages et de milles épices.. Ce repas restera dans le top 10 des meilleures choses que j’ai mangé dans ma vie, un vrai délice ! Mon séjour avec Mariam fut exceptionnelle, elle a fait preuve d’une générosité sans précédent envers moi pour me permettre de me sentir accueillie et comme à la maison.

 

 

– Rabat –

 

 

Après avoir quitté Mariam, je me dirige vers Rabat où Fatima m’attend pour m’accueillir à son tour. Je passe par des petites routes pour éviter de payer l’autoroute et arrive à la tombée de la nuit. Je passe de nouveau une superbe soirée aux côtés de Fatima et son amie Aïcha, à discuter de nos différentes expériences de vie! D’après leurs conseils, je pars le lendemain pour le centre de Rabat. Premier arrêt au site de Chellah, une nécropole située sur l’emplacement d’une cité antique. Un superbe site archéologique au beau milieu de la capitale marocaine. Puis je me dirige vers la superbe tour Hassan, emblème de Rabat constituant le minaret d’une mosquée. Devant les 45 mètres de tour se trouvent les vestiges de la mosquée inachevée et ses 200 morceaux de colonnes qui selon les dires, devaient soutenir le toit de l’édifice. Aux deux entrées on peut voir des gardes à cheval dans leur tenue traditionnelle.

 

 

Je décide ensuite de rejoindre le centre ville à pied en passant par le bord de l’eau. C’est alors que je croise un homme qui commence à me suivre. Il n’a vraiment pas l’air d’avoir toute sa tête et commence à me faire des signes sexuels. Je continue ma route tentant de l’ignorer mais il ne lâche pas l’affaire. L’homme est petit et menu, je décide alors de lui tenir tête en lui demandant ce qu’il veut? Il continue de me faire les mêmes gestes. Je ne me sens pas en danger car il y a du monde autour de moi, en plein milieu de la journée et je fais deux fois sa taille, mais c’est agaçant. Après plus de 40 minutes à me suivre dans la rue, j’arrive enfin à le semer en passant par des petites ruelles. Je continue enfin ma visite seule à travers la médina et les souks de Rabat jusqu’au soir. Pour terminer ma journée dans la capitale j’ai rendez-vous avec Yosra, une jeune marocaine qui avait accepté de répondre à une interview sur la culture du pays grâce à l’une de nos amies communes. Un moment très intéressant à retrouver dans mon documentaire sur le Maroc ! (lien)

 

 

 

– Chefchaouen & Akchour –

 

 

Après une nuit dans ma voiture pour prendre de l’avance sur mon chemin, j’arrive au lever du jour à Akchour, au nord du Maroc. Des guides m’accostent mais comme à mon habitude je refuse poliment. J’aurais peut-être dû en prendre un pour une fois ^^ Je commence la randonnée qui doit m’emmener jusqu’au « Pont de dieu » et à des superbes cascades cachées dans la montagne. Malheureusement c’est très mal indiqué et je me retrouve avec trois chemins devant moi sans savoir lequel mène où.. J’en prends un au hasard et commence à grimper sur le flanc de la montagne. La vue est superbe mais la côte bien difficile ! Après une bonne heure de suée j’arrive enfin au magnifique Pont de Dieu. Ne comprenant pas trop où sont les cascades dans tout ça je continue mon chemin et croise alors un marocain qui fait le même chemin. Il ne parle pas un mot d’anglais, nous parlons donc en langue des signes. Il me montre le chemin que je m’apprête à prendre et me fait signe qu’il fait tout le tour de la montagne et prend plusieurs heures. Je comprends alors que ce n’est pas du tout par là que je veux passer, je fais donc demi tour et le marocain insiste pour m’accompagner, me voyant très hésitante. Avec beaucoup de mal pour communiquer nous voilà donc sur le chemin du retour pour descendre. Il me propose de m’aider quand la pente devient sèche car voit bien que j’ai du mal avec mon vertige. Une fois arrivée en bas, je remercie mon petit protecteur pour son aide et décide de prendre l’un des autres chemins du début, qui mène bien vers les petites cascades.

 

 

Encore une fois, le chemin est très mal indiqué entre les cailloux et les branchages. J’accepte volontiers l’aide de jeunes marocains qui connaissent le coin pour les suivre. Il faut grimper des rochers, passer sur des ponts en bois au dessus de l’eau.. c’est bien l’aventure ! Et puis on arrive devant un plan d’eau. Je ne comprends pas car il n’y a plus aucun moyen de passer et je ne suis pas encore aux cascades. On me dit finalement qu’il faut marcher dans l’eau pour continuer. Bon, tant qu’à être là je veux aller jusqu’au bout. Je remonte mon pantalon, fais attention à mon sac à dos et marche avec de l’eau jusqu’aux cuisses. Et puis ça se corse, il y a un endroit où je n’ai pas pied. Ne pouvant pas nager avec mes affaires je dois faire de l’équilibriste sur les parois des roches avec à peine quelques centimètres pour poser mes pieds. J’arrive devant un pont en bois donc un rondin sur deux est brisé. J’ai l’impression d’être dans Pékin Express! J’attend l’aide d’un jeune marocain pour passer et découvre enfin mes premières petites cascades. Il est apparemment possible de continuer plus loin mais en étant encore davantage aventurier. Je pense en avoir déjà fait assez, profite bien du moment et fais demi-tour !

 

 

Il est 14h quand je reprend le volant pour aller à Chefchaouen. En arrivant dans la ville, je regarde mon gps sur mon téléphone pour comprendre où est mon auberge dans cette ville au centre piéton. Je me rend compte être allée trop loin et décide de faire demi tour. Quelques secondes plus tard, un policier marocain sort de nul part et m’ordonne de me poser sur le côté. Il me dit m’avoir vu le téléphone à la main et avoir traversé une ligne continue. D’autant plus qu’il y a un problème avec l’assurance de ma voiture de location, je me retrouve à devoir emmener le policier jusqu’au poste pour vérifier mes informations. Je me rend alors compte être dans le pétrin et commence à avoir les larmes aux yeux de nerf contre moi pour l’amende qui m’attend. Je me retrouve alors dans le bureau du chef à attendre le fax qui confirme mes informations. Pour que le moment soit encore plus drôle le fax ne fonctionne plus et les documents sont finalement envoyés par WhatsApp^^ Le policier me dit finalement que je suis en règle, qu’il ne retient pas mes amendes mais que je dois le ramener sur le bord de la route pour qu’il termine sa journée. Je n’ai jamais aussi bien conduis de ma vie je crois ! Je le dépose et là il me dit « bon, il ne faut pas être triste hein! ». Faisant référence à mes larmes aux yeux, je pense qu’il a eu pitié de moi et m’a fait sauter mes amendes pour ça ! L’homme est tellement gentil qu’une fois l’avoir déposé, je décide d’aller lui acheter à boire et à manger pour lui offrir !

 

 

Enfin arrivée dans mon auberge, je m’en vais découvrir Chefchaouen, surnommée « la ville bleue » pour la couleur des murs de son centre-ville. Un petit village qui se visite facilement à pied à travers toutes ses ruelles. Il y a de nombreuses petites places, restaurants et marchés à découvrir. J’ai beaucoup aimé cet endroit niché dans les montagnes ! En repartant de la ville quelques jours plus tard je recroise Rachid, le policier qui m’avait arrêtée et prend le temps de le saluer. Il me sert alors la main et me souhaite bonne continuation !

 

 

C’est alors la fin de mon voyage après deux semaine au Maroc. Sur la route pour rentrer à Fès je décide de faire un arrêt sur le site de Volubilis, de magnifiques ruines antiques à visiter ! Mon aventure aura été riche en rebondissements, des moments merveilleux et d’autres un peu plus tendus.. Mais je pense que c’est comme ça le Maroc; un pays aux milles facettes avec ses côtés beaucoup trop touristiques et ses coins bien plus reculés où l’authenticité perdure. Même si c’est une culture qui s’éloigne énormément de la mienne, la générosité des personnes que j’ai rencontré sur ma route m’aura tout de même grandement marquée !

 

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Le sum’ up

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Fès

  • La médina et les tanneries (mais attention aux rabatteurs ou prévoir de l’argent)

Merzouga

  • Faire absolument un bivouac dans le Sahara !
  • Prendre le temps d’aller se balader dans les dunes au coucher du soleil

Tinghir

  • Se balader dans la ville, bien loin du tourisme (auberge Retour au Calme à recommander!)
  • Découvrir les gorges de Todgha
  • Continuer jusqu’à les gorges de Dadès
  • Profiter du panorama que les routes environnantes offrent

Ouarzazate / Ait Ben Haddou

  • Se balader dans le centre de Ouarzazate
  • Découvrir le site d’Aït Ben Haddou
  • Prendre la route vers Marrakech à travers l’Atlas et le col de Tichka

Marrakech

  • S’installer dans un beau Riad
  • Découvrir la place Jemaa El Fna de jour comme de nuit (attention aux arnaques)
  • Le jardin Majorelle
  • Les palais de Bahia et Badi
  • Le minaret de la Koutoubia et son parc
  • Se balader dans les ruelles et les souks

Ouzoud

  • Découvrir les cascades d’Ouzoud de tous les côtés !
  • Faire un tour près du barrage Bin El Ouidane

Rabat

  • Le site de Chellah
  • La tour Hassan
  • Se balader le long de l’eau jusqu’à la médina
  • Passer par le souk

Chefchaouen / Akchour

  • Faire la randonnées du Pont de Dieu
  • Demander son chemin pour faire la randonnées des cascades
  • Découvrir Chefchaouen à pied

En plus : découvrir le Site de Volubilis proche de Fès et Meknès

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