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Le Toubkal, ça vous dit quelque chose ? C’est tout simplement le plus haut sommet d’Afrique du Nord et il se trouve au Maroc. Alors qu’on était dans le coin, j’ai commencé à faire des recherches sur internet. Pour voir si l’ascension était faisable, combien de temps ça prenait, s’il fallait attendre l’été. Deux jours de marche, 4167m d’altitude, 2000m de dénivelé positif et négatif, une dernière ascension de nuit pour atteindre le sommet, et une randonnée faisable malgré la neige. Let’s go ! Voici mon retour d’expérience et tous mes conseils pour faire cette belle ascension 🙂

 

 

LE MONT TOUBKAL | SOMMAIRE

(Cliquez directement sur un chapitre pour y accéder ou faites défiler l’article en entier pour tout lire.)

COMMENT S’Y RENDRE ?
QUAND Y ALLER ?
QUE METTRE DANS SON SAC ?
AVEC QUI PARTIR ?
COMBIEN ÇA COUTE ?
FAQ RAPIDE
RÉCIT DE NOTRE ASCENSION

 

 

 

Comment se rendre au Toubkal ?

Le Jebel Toubkal, se situe dans la chaîne de montagne de l’Atlas, au Maroc, plus particulièrement dans ce qu’on appelle le Haut Atlas. Pour y accéder il n’y a qu’une seule solution; marcher. Le départ se fait depuis le village d’Imlil ou depuis celui d’Armed, juste après.

Pour rejoindre Imlil la route se fait bien depuis Marrakech notamment ou depuis d’autres villes du nord qui feront, dans tous les cas, passer proche de Marrakech. Depuis l’est il vous faudra passer le fameux col de Tichka, dont la route est de plus en plus moderne grâce à des travaux récurrents. Depuis le sud il existe deux options : passer par les grandes routes pour gagner du temps mais avec plus de kilomètres. Ou plutôt passer par les routes de montagnes qui coupent mais prennent plus de temps. Si vous n’êtes pas pressés, passez par les montagnes. Les paysages sont absolument magnifiques !

Pour vous rendre dans les grandes villes marocaines depuis l’étranger vous pouvez soit prendre un vol depuis Paris, Marseille, Toulouse ou encore Lyon par exemple. Soit prendre un ferry depuis le port de Sète ou de Marseille, pour vous y rendre avec votre voiture.

 

 

Quand y aller ?

Il y a deux saisons distinctes pour faire la randonnée du Toubkal; l’été et l’hiver. La bonne nouvelle, c’est qu’elle est faisable tout au long de l’année ! Les chutes de neige n’empêchent pas de faire l’ascension, c’est juste une expérience différente et du matériel à prévoir. En été le soleil peut être bien chaud, les journées sont plus longues et le sol se constitue principalement de terre et de petits cailloux. En hiver il peut faire très froid, les journées sont plus courte et le sol est recouvert de neige pour une grande partie de la marche.

A vous de voir ce qui vous attire ! Moi je voulais vraiment le faire en hiver pour deux raisons. Premièrement pour découvrir des paysages dans une ambiance hivernale et avoir une vue là-haut avec des sommets enneigés. Et deuxièmement pour faire l’ascension finale avec des crampons, ce qui atténue énormément mon vertige. Car entre le vide et les pentes assez abruptes par moment, j’étais bien contente de pouvoir planter mes crampons dans la neige. Niveau froid, comme on était bien préparé au final ce n’était pas vraiment gênant. Bien penser aux gants et aux grosses chaussettes surtout !

 

toubkal ascension hiver

 

Que mettre dans son sac et comment s’habiller ?

Vous avez deux options pour l’ascension; faire appel à un muletier ou tout porter vous-mêmes. Nous, en plein hiver, on avait pas mal d’habits supplémentaires à prendre. On était du coup bien contente d’avoir une mule avec nous. On a donc préparé deux sacs; l’un pour la journée et l’autre pour le refuge.

Dans celui pour la journée j’ai essayé de rester simple pour ne pas avoir trop de poids sur le dos pendant la marche :

  • ma gourde filtrante
  • des gants
  • des encas pour reprendre de l’énergie (barres céréales et fruits secs)
  • un pull supplémentaire au cas où
  • ma batterie externe
  • ma caméra et une batterie de rechange
  • des mouchoirs
  • mes lunettes de soleil
  • de la crème solaire

 

chapka assurance

 

Dans celui pour le refuge il y avait :

  • mon sac de couchage
  • des vêtements de rechange
  • des grosses paires de chaussures
  • un sous pantalon
  • un sous pull
  • ma lampe frontale
  • mon casque et mes crampons
  • d’autres encas supplémentaires

Evidemment en plein été il y a moins de choses à prendre, mais il ne faut pas oublier qu’au dessus de 4000m, même en juillet, il peut faire frais ! Ne sous estimez pas ça en faisant votre sac.

 

mule toubkal imlil

 

Avec qui partir ?

Depuis quelques années, après le meurtre de deux touristes européennes qui étaient parties faire la randonnée seule, en tente et via un chemin secondaire, il est désormais obligatoire de partir avec un guide. Les autorités ne laissent plus passer les gens s’ils ne sont pas accompagnés. Cet incident a traumatisé tout le pays et les gens préfèrent désormais être sur prudents. Une bonne chose pour la région, car ça a créé de nombreux emplois !

Vous pouvez faire appel à des agences de voyage si jamais votre itinéraire est préparé par quelqu’un d’autre, ou vous pouvez tout simplement vous rapprocher directement d’un guide local pour avoir un meilleur prix et vivre une belle expérience. Il est possible de trouver des contacts de guide via les réseaux sociaux (nombreux sont présents sur Facebook et Instagram et postent du contenu qu’on peut retrouver via les hashtags ou via la localisation). Ou alors tout simplement se rendre sur place et demander autour de soi pour partir dans la foulée.

 

guide toubkal ascension

 

Moi je ne pourrai que vous conseiller de faire appel à Sara, qui a été notre guide pour cette belle aventure. Elle est très compétente, avec une réelle expérience et connaissance de la montagne. Elle a été une réelle source de motivation pour nous amener jusqu’en haut, tout en étant très attentive à notre santé et à notre énergie. En plus, c’est l’une des rares femmes guides au Maroc donc clairement, je suis super contente de vous conseiller une nana aussi géniale !

Cliquez ici pour prendre contact avec Sara !

 

Combien ça coûte ?

Les prix peuvent beaucoup varier selon si vous passez par une agence ou par un guide local, et évidemment selon le nombre de personnes que vous êtes (le refuge et la nourriture étant comptés par personne, seule une partie du salaire du guide est divisé pour réduire les coûts).

Avec un guide local, le refuge, la nourriture, le muletier et l’équipement, comptez environ 150€ par personne sur la base de deux personnes. J’ai entendu des prix plus bas quand c’était des marocains ou des résidents (70/80€ par personne) mais aussi des prix bien plus hauts quand c’était via des agences basées à l’étranger (300 à 400€ par personne, alors que le guide n’est pas mieux payé).

 

toubkal randonnée

 

Session questions / réponses

Quand est-il du mal des montagnes, faut-il s’acclimater ?

A cette altitude, c’est totalement possible d’avoir le mal des montagnes. Pour rappel, c’est un ressenti qui arrive dû au manque d’oxygène quand on monte en altitude, notamment à partir des 3000m. On peut ressentir comme symptômes de maux de tête, des nausées et dans les cas les plus graves, une perte de conscience.

Si on commence à ressentir de trop forts symptômes il n’y a qu’une seule solution; redescendre. Il ne faut surtout pas forcer car le corps n’arrive pas à s’adapter. Il y a un moyen principal pour éviter ce problème; monter doucement, par pallier. C’est pour ça que la plupart des randonnées en très haute altitude se font sur plusieurs jours. Le corps doit s’habituer petit à petit. Des médicaments ou des solutions naturelles peuvent aussi aider.

Pour le Toubkal, qui dépasse donc les 4000m d’altitude, il est possible de ressentir le mal des montagnes. Perso, j’ai eu un peu mal à la tête dans la nuit au refuge, puis au départ de l’ascension finale le lendemain matin. Mais ça n’a pas duré heureusement ! Certaines personnes sont contraintes de redescendre mais dans la majorité des cas, les symptômes restent discrets pour cette randonnée. La nuit au refuge sert d’acclimatation douce !

Un seul conseil : bien écouter son corps. Ca peut arriver à tout le monde, même aux plus sportifs.

 



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Est-ce qu’il faut être en super forme physique pour faire l’ascension ?

Sincèrement, non ! Nous, on était pas du tout des grandes sportives à ce moment-là. Alors qu’on voyageait avec notre van 4×4 depuis plusieurs semaines, on n’avait pas réussi à trouver un rythme sur la route pour faire du sport. Notre dernière vraie randonnée remontait déjà à au moins 5 mois. On reste bien active au quotidien, mais sans faire de séance de sport à proprement parlé. Mais ça le fait ! Une bonne hygiène de vie au quotidien et surtout un bon mental ça fait déjà beaucoup. Je vous rassure, pas besoin de faire du sport tous les jours pour y arriver 🙂

 

toubkal

 

Quelle est la sensation une fois là-haut ?

Une grande fierté ! Ce n’est pas un exploit car beaucoup de monde y arrive, mais pour nous c’était notre premier sommet au dessus de 4000m donc on était juste super contente d’avoir tenu le coup et d’être arrivé là-haut. Arriver au sommet quand le soleil se lève, c’est une sensation incroyable. Le silence, la quiétude, la récompense de l’effort.. tu as un peu l’impression d’être le roi du monde ! Le plus haut sommet d’Afrique du Nord, c’est pas rien quand même.

 

Récit de notre ascension du Mont Toubkal, en plein hiver

Parties depuis Marrakech, nous arrivons à Imlil la veille de l’ascension. Nous sommes accueillis par Sara, notre guide, et par la famille qui va nous héberger pour le soir. Nous sommes quelques kilomètres après Imlil, dans le dernier village accessible en voiture, Armed. La famille est absolument adorable, toutes les femmes discutent avec nous et nous partageons un délicieux couscous pour prendre des forces. Sara nous explique un peu le déroulé de la randonnée et après une soirée autour du feu, on essaye de se coucher assez tôt !

 

Jour 1 – Armed ➡️ Refuge

1000m de dénivelé positif – 4h de marche – 12 km

 

8h du matin, le réveil sonne. La nuit a été fraîche mais bien reposante. Sara nous conseille de prendre un petit déjeuner assez consistant pour prendre des forces. Du pain, du thé, des oeufs, un p’tit déj typique marocain ! On prépare nos sacs; l’un pour la journée, l’autre pour le soir. Sara a tout prévu pour nous, un muletier va prendre nos sacs du soir pour nous permettre d’être plus légère pendant la marche. C’est totalement possible de ne pas faire appel à un muletier mais de 1) ça crée de l’emploi dans la vallée et c’est une merveilleuse chose et de 2) ça permet de ne pas se rajouter de fatigue supplémentaire avec des kilos sur le dos.

Dans mon sac pour la journée je garde les choses vraiment essentielles, un pull supplémentaire au cas où, ma batterie externe, des batteries de secours pour l’appareil, ma gourde filtrante et des snacks. Tout le reste, le duvet, les grosses chaussettes, le rechange, ça part avec la mule !

On traverse le village et on se retrouve au début du sentier. Après un petit check de nos passeports par la police, l’aventure commence pour de vrai ! On passe devant notre 4×4 qui va rester sagement sur un parking pendant deux jours, et après avoir traversé une grande plaine, la montée débute.

 

 

toubkal armed imlil

 

La première partie de la marche dure environ 1h, sans trop de difficulté. On rejoint le village de montagne Chamarouch, connu pour ses sources sacrées. De nombreuses personnes y vont sans aller plus loin vers le Toubkal, comme une sorte de pèlerinage. D’ailleurs, des mules peuvent amener les gens jusque là. Nous, on y marquera notre première pause thé. Le soleil sort enfin, on arrive à enlever une couche, mais l’air reste bien frais. La neige commence à être présente à partir de là.

C’est parti pour la seconde partie, encore une bonne heure de grimpette. Cette fois-ci ça tire bien dans les mollets. Ca monte un peu fort sur peu de kilomètres donc on sent bien nos jambes travailler. Les paysages sont très beaux autours de nous ! On a la chance d’être quasiment seules pour ce premier jour. En chemin, on croise quelques écureuils et quelques oiseaux de montagne.

 

 

ascension randonnée

toubkal ascension

 

Notre deuxième pause se fera pour déjeuner ! Des petites constructions en pierre font office de mini auberge. Notre muletier est arrivé avant nous, c’est lui qui nous prépare à manger : une bonne salade de crudité, des pâtes et des lentilles. Combo parfait pour recharger nos corps en énergie. On se régale tout en discutant avec Sara sur son parcours et ses envies futures.

La pause nous fait le plus grand bien et on repart bien motivé pour le dernier tronçon de la journée. Un peu moins de 2h de marche et un dénivelé très doux avant d’arriver au refuge. A cet endroit la neige est très présente, on doit faire assez attention car on a simplement nos chaussures de randonnées (les crampons, ça sera pour le lendemain!). Heureusement c’est beaucoup plus de passage enneigés que verglacés. Avec mon vertige maladif, je vais doucement mais surement, car le chemin n’est pas très large à certains endroits.

 

toubkal maroc

guide toubkal

maroc imlil

 

Il est environ 16h quand on arrive au Refuge, première journée bouclée ! On découvre les lieux et on rencontre d’autres randonneurs. Certains font des marches de plusieurs jours avec différents sommets au dessus des 4000m. Le refuge est très bien entretenu et assez moderne; les chambres sont des dortoirs (hommes et femmes séparés), il y a deux grands espaces communs pour manger ou se poser et des toilettes/douches en bas. Pour avoir de l’eau chaude, la douche se fait au seau !

On prend le temps de se (re)poser, de faire de chouettes rencontres autour du feu et on termine la journée avec un bon repas chaud. Le coucher se fait relativement tôt, vers 21h, car le réveil va piquer !

 

refuge toubkal

marche toubkal

 

Jour 2 – Refuge -> Sommet -> Armed

1000m de dénivelé positif – 2000m de dénivelé négatif – 11h de marche – 21 km

 

4h du matin, le réveil sonne. Ca pique ! Pendant la nuit j’ai eu quelques épisodes de maux de tête, probablement l’acclimatation à l’altitude qui est passée par là. Mais heureusement j’ai réussi à bien dormir et à me reposer pour être en forme. Je me force à prendre un petit déjeuner (à cette heure-ci en temps normal mon estomac ne peut rien accepter) puis je m’équipe avec toutes les couches de vêtements possibles.

Sara nous a prévenu, il va faire froid là-haut.

On enfile nos casques et nos crampons, puis Sara nous fait un gros brief de sécurité. On va partir en pleine nuit et sur un chemin rempli de neige, il y a quelques précautions à avoir pour ne pas avoir d’accident.

 

 

5h du matin, il est temps de partir ! La nuit est bien noire, on voit parfaitement des millions d’ étoiles dans le ciel. Notre frontale et la personne devant nous sont nos seuls repères. Dans un sens cette ascension de nuit me fait un peu flipper, car je ne vois pas ce qu’il y a autour mais dans un autre c’est une bonne chose car je ne vois pas le vide et je ne vois pas le sommet. J’avance donc tranquillement, pas après pas, sans penser à l’arrivée.

Bon, je suis partie beaucoup trop fort. J’ai un peu oublié qu’on était proche des 4000m d’altitude et donc, que l’oxygène est bien moindre qu’en temps normal. Mon souffle s’emballe dès les premières minutes, m’obligeant à prendre quelques coups de ventoline pour me calmer. Il va falloir que je marche bien plus doucement pour arriver au bout. J’arrive à comprendre qu’il vaut mieux que mes pas soient plus petits mais constants, plutôt que de marcher « vite » et m’arrêter tous les 10 mètres car je n’arrive pas à gérer mon souffle.

 

 

Je suis asthmatique à l’effort, mais ça fait bien longtemps que mon souffle n’a pas été un problème. Heureusement Charlie a toujours une ventoline sur elle ! Le froid est assez supportable pour le moment, bien que je sente mes doigts et mes orteils se refroidir malgré mes nombreuses couches. J’essaye de sortir ma caméra de temps en temps pour immortaliser le moment mais j’ai bien du mal à tout gérer. On fait environ 3 ou 4 pauses en chemin mais je reste bien derrière Charlie et Sara quand même.

Charlie m’impressionne, elle gère super bien son souffle malgré l’altitude et suit Sara sans problème ! J’avoue que moi, je suis un peu au bout de ma vie pendant la dernière heure. Je sens que mon corps n’en peux plus et c’est mon mental qui doit prendre le relais. Arrêter de penser et mettre mes jambes en mode automatique pour qu’elles gardent un rythme constant. Ce n’est pas une randonnée ultra dure, mais elle reste quand même engagée du fait de l’altitude, du dénivelé et de mon activité sportive quasi inexistante des dernières semaines.

 

 

Après trois heures de montée, il est 8h quand on arrive sur la crête. Il reste encore 30 bonnes minutes de marche jusqu’au sommet mais Sara nous propose d’attendre le lever du soleil ici. On attend environ 20 minutes avant que les premières lueurs n’apparaissent. A ce moment deux problèmes arrivent : en étant statiques nos corps se refroidissent rapidement. C’est dure de se maintenir au chaud et surtout d’empêcher mes orteils de geler. J’essaye de marcher sur place mais les températures indiquaient -10 degrés là-haut, c’est un peu dur !

Le deuxième soucis, c’est l’arrivée inattendue des mes règles à ce moment précis. A cause de l’effort ou de l’altitude, je ne sais pas, mais le fait est qu’elles arrivent au pire moment possible. Le mal de ventre qui les accompagne me tord en deux. J’ai rarement eu aussi mal à cause de mes règles mais il va falloir gérer car il reste du chemin à parcourir ! Heureusement Charlie a un spasfon à me donner, je l’avale rapidement mais il va falloir serrer les dents jusqu’à ce qu’il agisse.

 

toubkal

 

Pendant ce temps le soleil sort enfin à l’horizon, illuminant petit à petit les sommets autour de nous. C’est absolument magnifique ! Il n’y a qu’une seul chose à faire : profiter du silence absolu et de ce paysage à couper le souffle. Je pense que les images parleront d’elles-mêmes.

 

acension toubkal guide

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acension toubkal sommet guide

 

Après ce magnifique spectacle de la nature, il faut se remotiver pour la dernière demie heure de marche. J’avance super lentement à cause de mon mal de ventre et de mon vertige au passage, car je vois à présent le vide juste à côté de moi ! On a souvent l’impression d’être invincible sur une montagne mais je sais qu’un incident peut vite arriver alors malgré tout, j’essaye de rester à 1000% concentrée. Sara et Charlie arrivent là-haut avant moi. Je peine, mais j’avance. Il est quasiment 10h quand j’arrive enfin là-haut.

 

I DIT IT ! WE DID IT !

 

Ce n’est pas un exploit sportif, de nombreuses personnes arrivent en haut du Toubkal. Mais c’est un vrai exploit personnel et on est bien fière de nous 🙂 On profite pendant une bonne heure là-haut. La vue à 360 degrés est fabuleuse : les sommets alentours, les plaines au loin, les villages qu’on essaye de distinguer. On se dit que ça valait vraiment le coup ! La neige amène sa propre magie aussi, on est bien contente d’avoir attendu qu’elle tombe pour faire la randonnée.

 

acension toubkal guide

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acension toubkal sommet guide

 

Bon, c’est pas que, mais… il est temps de tout redescendre ! On sous estime parfois la descente, pensant que ça va être plus simple. Alors que pas du tout. Niveau souffle et effort oui, mais niveau fatigue et physique, c’est violent. Les genoux et les pieds en prennent plein la tronche. Pour la première partie jusqu’au refuge, on garde nos crampons et heureusement ! Ca m’aide à gérer mon vertige, maintenant que je vois absolument tout le vide. Le fait d’avoir cette emprise dans le sol m’enlève la peur de tomber.

 

acension toubkal sommet guide

 

Le fait qu’il y ait de la neige sur cette partie là est une très bonne chose car en été, la neige laisse place à des petits cailloux très glissants, rendant la descente encore moins agréable. Sur les réseaux sociaux j’avais eu des retours de personnes l’ayant fait sans la neige, qui avaient glissé à plusieurs reprises à cause de ces petits cailloux. Après deux bonnes heures de descente nous voilà de retour au refuge. On refait nos sacs du soir pour les remettre sur la mule et on prend le temps de manger ici. On aurait dû manger un peu plus bas dans la vallée mais comme on a pris plus de temps que prévu, Sara préfère qu’on reprenne des forces ici.

Arrivé au refuge on ne sentait plus nos jambes et nos épaules, mais la pause nous a fait beaucoup de bien. On arrive à repartir de là plus ou moins avec de l’énergie. Il nous reste 3 bonnes heures de descente devant nous. Cette dernière partie a été bien compliquée, surtout pour nos genoux. Charlie qui avait super bien géré la montée, a beaucoup de mal à terminer la descente. Faire 2000m de dénivelé négatif en une journée ça fait un peu trop. A savoir, on aurait rajouté une journée de plus pour faire la partie refuge – village le lendemain je pense ! Après ça dépend des conditions physiques de chacun évidemment.

 

acension toubkal guide

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Il est environ 18h quand on retourne à Armed, sur le parking où notre Defender est garé. La boucle est bouclé ! On est lessivé mais tellement fière de nous. Sara aussi nous avoue être bien fière de nous. Sans elle on ne serait clairement pas allé jusqu’au bout ! Sa motivation et son expérience du terrain nous ont été indispensables.

On retourne chez la famille, qui nous accueille avec une bonne douche chaude et un super couscous pour terminer la journée. Une belle récompense ! Après une bonne nuit de sommeil, le réveil nous ramène à la réalité de nos efforts : on n’arrive tout simplement plus à marcher 😅 nos genoux surtout, nous font bien souffrir. La condition physique se joue à se moment là aussi je pense.

Sara nous propose d’aller au Hammam du village pour nous faire du bien. Un hammam traditionnel, avec toutes les femmes du village, où il vaut mieux être préparé à voir des cheveux et des poils passer à côté de soi, pendant qu’on se frotte les peaux mortes 😂 Une sacré expérience mais tellement locale, c’était génial de faire ça avec Sara ! Nos douleurs aux genoux et aux mollets ont duré 2-3 jours puis ont disparu d’un coup.

 

 

 

Quelle expérience incroyable. On est tellement contente d’avoir pu vivre ça et d’avoir réussi notre ascension du fameux Mont Toubkal, le plus haut sommet d’Afrique du Nord ! J’espère que cet article aura pu vous être utile si vous prévoyez de faire la randonnée à votre tour. Je n’ai qu’un conseil à vous donner… foncez !

 

 

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